Road trip dans la vallée du Drâa

Septembre 2018.
Me revoilà pratiquement onze ans plus tard. De nouveau sur ces routes, cette route. Le désert de roche laissera place à la poussière et au sable dans la vallée du Drâa. Une rencontre innattendue nous dévoilera quelques sercrets des montagnes avant d’atteindre notre but. Les portes du Erg.

Route le long de la vallée du Drâa

L’effervescence de la pluie a frappé la vallée du Drâa. Nous avons amené la pluie dans cette vallée où il n’avait pas plu depuis plus de trois ans.
Une longue route nous attendait. En effet, ce sont plusieurs heures de routes qui allaient rythmer notre journée. Plusieurs heures à traverser les montagnes de l’Atlas, au départ de Ouarzazate. Sans savoir à quelle heure on arriverait. Souvent, c’est comme ça. Tu sais à quelle heure tu pars. Mais tu ne sais jamais à quelle heure tu arrives.
La météo annonçait la pluie qu’on ne voyait pas arriver. Malgré les nuages menaçants qui nous accompagnaient depuis Ouarzazate, nous ne nous doutions de rien.

“On a pas vraiment la météo ici. Mais des rumeurs annonçaient la pluie, sans rien donner..”.

De ouarzazate vers le plus beau désert

La route s’annonce longue, sinueuse. Tortueuse. Enivrante. Et surtout, belle. L’une des plus belles routes du monde. La RN9. Le brouillard est là, nous accueillant dans le reg (désert de roches), la brume n’a pas sa place ici d’accoutumée. Pourtant aujourd’hui, elle enveloppe la vallée, embaume chaque pierre, laisse flotter son voile à travers les bitumes. Le paysage est lunaire, la route est sublimée par cette brume étrange. On a envie de s’arrêter pour admirer le paysage.
On s’arrête.

Route nationale 9
paysage le long de la route
paysage vallee du drâa

Une des plus belles routes pour les road trips.

La route se dégage. Le temps s’éclaircit peu à peu et on aperçoit au loin la route serpenter au milieu des monts. Nous n’avons roulé qu’une heure et déjà le paysage change sans la brume. Les montagnes se dessinent. Les formes dans les montagnes poussent à la rêverie. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre, chaque endroit est à couper le souffle. C’est la seule route reliant le désert à Ouarzazate, nous la reprendrons donc en sens inverse, nous pourrons contempler de nouveau les paysages sous un angle différent. La route est longue, nous avalons les kilomètres sur le bitume mais nous prenons le temps d’admirer les beautés de ces paysages qui semblent immuables. Qui semblent être là depuis la nuit des temps. 
Toutefois, une rencontre fortuite nous pousse à nous arrêter une nouvelle fois… 

Une rencontre inattendue

Nous ne voyagerons plus seules le temps de traverser les cols vertigineux jusqu’au prochain village perdu dans les montagnes. 
Nous prenons en covoiturage Hassan, un habitant de la région vivant ici depuis toujours. Il nous racontera son mode de vie et les secrets de ses montagnes qui l’ont vu grandir puis vieillir. Le temps durant le trajet semble s’arrêter. Comme si le passé raconté par Hassan reliait le présent. Ne formant qu’une entité.

arrêt route RN9 Hassan
Portrait Hassan
Maroc vallée du draa

Au bout de la route : la porte du désert.

Hassan déposé et une tasse de thé avalée en sa compagnie pour nous remercier de l’avoir emmené, nous poursuivons notre route. Les montagnes sont bientôt dépassées. Le sable laisse place à la poussière. Le ciel est menaçant, il nous semble entendre le ciel gronder au loin sans certitude.
Qu’est ce qu’un orage dans le désert ? Nous ne souhaitions pas vraiment le savoir, perdus au milieu de nul part. Notre interminable route se poursuit, sous une chaleur accablante. Le fraîcheur des montagnes a laissé sa place à la fièvre du désert. Nous voilà au but. Plusieurs longues heures plus tard.

Pour atteindre Erg Chegaga, le plus beau massif dunaire du Maroc, il faut passer par M’Hamid. Notre point étape. Là où nous avons rencontré notre guide. Ils ont entendus parler que la pluie arrivait.. Nous avons vu quelques gouttes tomber sur la route, humidifier ce bitume et cette terre trop sèche. Brûlée par le soleil, après plusieurs années de sécheresse. En route vers le premier campement pour la nuit, l’horizon s’obscurcit soudain.

Toujours menaçant, c’est d’abord une tempête de sable que le ciel apporte.

Les premières pluies

Après avoir passé une nuit au camp où la pluie s’écrasait au sol et l’orage grondait, au petit matin l’aridité avait repris ses droits. Quelques traces de flaques s’évaporaient sous le soleil brûlant. Enfin, il était temps pour nous de partir vers les dunes immenses du Maroc.
En arrivant face au lit du fleuve, sec, desséché et décharné quelques jours plus tôt, il nous était impossible d’imaginer ce que nous verrions seulement quelques heures plus tard.
C’est maintenant un fleuve déchaîné, puissant et incontrôlable que nous observons. Il restait quelques stigmates qui imprégnaient l’endroit des pluies anciennes mais rien ne laissait présagé un afflux aussi fantastique.

Nous avons fait un détour pour aller admirer ce miracle de la nature et l’euphorie des habitants qui n’avaient pas vu la pluie, depuis trois années. Ils appelaient leurs familles en visio, prenaient des photos, des selfies, couraient et dansaient près du fleuve. Tout était bon pour célébrer cet événement. 
Plus haut dans les hauteurs, nous avons appris que les habitants avaient été surpris et de nombreux habitats ont été détruits. Nombre d’objets et animaux ont été emportés par la violence du courant crée par cette pluie soudaine.

La vallée du Drâa s’est réveillée. Emmenant avec elle autant d’euphorie que de désolation. D’anciennes vies parties pour en créer de nouvelles, plus fortes, effrénées.

Trois ans qu’il n’a pas plu; Alors, quand on a entendu les premières gouttes de pluie tomber, on est tous sortis dans la rue et on a dansé toute la nuit.

 

fleuve vallee drâa
guide portrait
le fleuve sahara

Le sahara innondé

Après cette euphorie, il était temps pour nous de rejoindre les dunes. C’était sans compter sur cet élément indomptable. L’eau, la pluie.
Détruisant tout sur son passage, elle n’a pas épargnée l’aridité du désert. Aussi asséché soit-il.  

guide portrait voiture
sahara innondé

L’eau était là. Calme. Nous avions beau vouloir la traverser, c’était impossible. Un lac immense s’était formé après les pluies diluviennes de la nuit.

Le soleil commençait à sombrer derrière l’horizon.. Aucun passage n’était accessible, ou du moins sans risque. Les nuages avaient disparus, cela faisait des heures qu’on roulait, qu’on contournait. Des herbes sauvages avaient l’air de vouloir se frayer un chemin à travers tout cet amas d’eau. Les dunes étaient encore loin. Nous commencions à perdre espoir.
Mais, c’était sans compter sur l’infaillible force et connaissance de notre guide qui avait toujours vécu ici.
Il nous restait quelques minutes avant le coucher du soleil pour arriver à bon port…
Erg Chegaga.

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