Le mythe des carences

On aborde ici un point qui fait mal. Pourquoi les végétaliens sont carencés ?
Ah ! Qui n’a jamais entendu dire « Ah, tu es végane et tu es pas carencée ? ». De cette interrogation découle nombre de questionnements sur le monde du végétarisme. Que l’on soit végétarien ou végétalien, les questions sont souvent les mêmes. Les à priori fleurissent et portent de fausses informations. “Ah, tu es toute blanche, c’est parce que tu ne manges plus de viande rouge !”.

Bon, je vous stoppe tout de suite. Il faut arrêter avec ces idées reçues. Mais on est là pour ça n’est-ce pas ?

Véganisme et carences

Si vous êtes là, c’est que le sujet des carences et de la vie végétale vous intéresse. Alors vous savez déjà probablement les différences entre végétarisme, véganisme. Et vous avez même des notions sur le spécisme. Si ce n’est déjà fait, j’ai écrit un article à ce sujet.
On va faire bref, car il existe énormément de littérature à ce sujet, mais faisons clair, faisons bref !

Fut un temps où manger de la viande à chaque repas était chose rare. Manger de la bidoche une fois par semaine était presque un luxe. Mais ces personnes avaient-elles des carences ?
Non.

On ne va pas tourner autour du pot : nous n’avons pas non plus besoin de boire du lait pour avoir une source constante de calcium (je ferai un article à ce sujet si cela vous intéresse. Si oui, dites-le-moi en commentaire !) et non, nous n’avons pas besoin de consommer du gibier pour avoir des protéines.
Il y a beaucoup moins de personnes végétaliennes carencées que ce que l’on pense. En fait, il y a même davantage de « carnés » carencés que les végétaliens !

Mais pourquoi ? Ce n’est pas logique ? Eh bien si, ça l’est.

Les personnes végétaliennes font souvent plus attention à ce qu’elles mangent. De fait, elles ont une alimentation équilibrée. Encore une fois, je ne généralise pas. Il y a des exceptions partout, car il est aussi possible de manger n’importe quoi, et gras, en étant végétalien. La malbouffe existe aussi chez les végans.
De plus, on retrouve absolument tout, je dis bien TOUT dans l’alimentation végétale dont le corps a besoin.
Par exemple : contrairement à ce que l’on pense, certains végétaux (beaucoup) contiennent bien plus de protéines que les aliments d’origine animale.
Voyez plutôt :

proteines-alimentation
Notes rédactionnelles : Dans ce schéma je ne présente que les comparatifs pour les protéines.

Notre modèle français d’économie alimentaire, tout comme celui des États-Unis soit dit en passant, est très dirigé par les lobbys de la viande et du lait. J’en veux pour preuve le nombre de publicités que l’on nous martèle à la télévision à coup de « les produits laitiers sont nos amis pour la vie ». Ça doit vous rappeler quelque chose…
Là je vous vois venir : « oui, mais on en a besoin ! Et donc de calcium aussi » et bien… Que nenni !
Et quand bien même, s’il nous était nécessaire de nous abreuver en laitages : il existe moult possibilités d’étancher notre désir laitier : lait d’amande, soja, riz, aromatisé à la vanille ou au chocolat etc.

Ceci étant dit : pourquoi promouvoir le lait alors ?
Nous en buvions autrefois ? Oui, certainement. Mais dans quelles conditions, à quel prix ? Et surtout quelles en étaient les quantités. Laissez-moi vous dire une chose : on était bien loin des trois produits laitiers par jour, et on ne s’en portait pas plus mal. Et les vaches non plus.

D’où cette idée provient-elle donc ?

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À quoi sert le lait ?

Il est temps de saluer notre vieil ennemi : le marketing laitier (le marketing de la viande, c’est la même bande). Les industriels savent mieux que nous à quel point le lait (de vache) n’est pas bon pour les êtres humains.

Celui que nous connaissons est transformé par les industriels. Ils y ajoutent du lactase ainsi que d’autres additifs qui rendent notre consommation de produits laitiers de plus en plus régulière, plus facile à digérer (ce qui nous laisse croire, du coup, que la facilité à digérer est une preuve que le corps peut en consommer. Mais non, ça aussi, c’est superficiel) et finalement, nous en sommes dépendants.
Avez-vous réalisé que vous ne pouvez vous passer de fromage ? Ou de yaourt ?

Le lait est un lipide.
De base, il est utilisé pour nourrir les nouveau-nés et les bébés. Oui logique. Mais il y a un malaise :
Pourquoi continue-t-on d’en boire à l’âge adulte ?

Le lait de vache (mammifères de manière générale, sauf nous) est fort en lipides, hormones, etc. est destiné à abreuver un être qui ne peut se nourrir autrement. Cela justifie ses apports très riches.

Or, le lait de vache est fait pour alimenter un veau qui à la naissance pèse 40 kilos, et devra faire environ 400 kilos après trois mois. Autant vous dire qu’il n’est pas adapté aux humains !

Il nous paraît étrange, insensé même répugnant pour certains, de boire ou consommer du lait maternel à l’âge adulte.

Nous ne consommons plus le lait maternel de notre mère à l'âge adulte, pourquoi le faisons-nous avec le lait d'autres mammifères ?
Notes rédactionnelles : aucun animal n'a été maltraité pour la consommation de ce coconut bowl.
Carences Coconut bowl

Le pouvoir de l'alimentation végétale

Ce raisonnement est hélas, valable pour quasiment tous les produits animaux. Il suffit de commencer à gratter la surface de ce qui semble être un monde merveilleux et bon pour vous et là, c’est la douche froide.

Entamer sa transition vers une nourriture plus végétale, c’est plus qu’un mode de vie. C’est notre pouvoir, si ce n’est le seul, que l’on a pour combattre ce système qui veut tout, tout de suite. En grande quantité, et en négligeant la qualité. En dépit de la santé humaine, terrestre et des animaux.

Ce pouvoir se nomme : l’alimentation plus verte ou à défaut, l’alimentation raisonnée.

70 milliards d’animaux sont tués pour l’alimentation par an. Il faut 2400 litres d’eau pour un steak.

Mange comme un homme ou le pouvoir du marketing

Une histoire vieille comme le monde ? Presque.
Elle date des années 1800 en réalité et de Justus Von Liebig, chercheur et chimiste Allemand. Il émet l’hypothèse que l’énergie dont nous avons besoin provient des protéines uniquement animales. Sans preuves, ni expérimentation, il diffuse l’idée selon laquelle les végétariens, végétaliens sont faibles et ne peuvent accomplir des tâches physiques essentielles à l’Homme.

L’idée reçue des protéines = animaux était née.

Là on dit tous merci à Justus.
Mais cela ne s’arrête pas là. Ses idées ont été émises dans les années 1850. Elles ont ensuites été acceptées et ont fondées les premières recommandations en apports protéiques. Lorsque la science, quelques années seulement après, a prouvé que ses hypothèses étaient fausses par la découverte que les muscles utilisent surtout des glucides provenant des végétaux en 1882, il était déjà trop tard. 

Pourquoi ?
Liebig avait créé une entreprise qui diffusait ses idées à travers des publicités qui véhiculaient le message suivant : viande = énergie. Le stéréotype s’était installé.
Le mythe des carences ne faisait que commencer.

carences-proteines-animales

La vitamine B12 contre les carences

On va faire bref, car il existe énormément de littérature à ce sujet, mais, faisons clair, faisons bref !

Fut un temps où manger de la viande à chaque repas était chose rare. Manger de la bidoche une fois par semaine était presque un luxe. Mais, ces personnes avaient-elles des carences ?
Non.

Je ne vais pas faire de cours d’Histoire, mais pour résumer de manière succincte :

Je vais encore une fois être rapide car je vais répéter et encore répéter ce qui est dit, et a déjà été dit beaucoup de fois.
Mais des piqûres de rappel de font pas de mal :
La vitamine B12 a un rôle fondamental dans le fonctionnement du cerveau, du système nerveux et de la formation du sang. Elle est impliquée dans le métabolisme de chaque cellule, a un rôle dans la synthèse de l’ADN.
Bref, elle est super importante.
Seulement, la vitamine B12 n’est pas “fabriquée” par les animaux. Mais par une bactérie que les bêtes consomment dans la terre et l’eau.
Pour faire simple, dans le sol. Comme pour les protéines, les animaux servent une fois encore, d’intermédiaire. Avant l’agriculture industrielle, les animaux et les hommes ingéraient naturellement de la vitamine B12 grâce aux traces de boues présentes sur leurs aliments.
L’ère industrielle est arrivée, et a apporté avec elle ses antibiotiques, les pesticides et le chlore. Tout ceci tue la bactérie qui produit cette vitamine. 

Vous l’avez compris, les animaux ont donc aussi besoin de compléments alimentaires. Et en les mangeant, nous les assimilons.

Pour résumer

Vous avez maintenant des bases solides concernant les croyances et les idées reçues sur les carences lorsque l’on est végan / végétalien.
Vous aurez donc compris que les végétaliens sont carencés en vitamine B12, au même titre que les personnes omnivores.
Ce qu’il faut principalement retenir de cet article est donc :

  • les végétaliens ne sont pas plus carencés que les personnes omnivores ;
  • vous avez le pouvoir de dire stop aux diktats du lobbyisme par vos achats alimentaires ;
  • après 3 ou 4 ans, on ne boit plus le lait maternel de notre mère ? Alors, pourquoi buvons-nous le lait maternel des autres animaux ?
  • l’idée reçue selon laquelle les animaux = protéines est fondée sur... un petit mensonge !
  • la vitamine B12 ne se synthétise quasiment plus de façon naturelle. Les végétaliens mais aussi les omnivores, devraient donc tous se supplémenter !

Si cet article vous a plu, laissez-moi un commentaire et bien sûr, si vous souhaitez que je développe d’autres sujets environnementaux, faites-le moi savoir en commentaires ! Je serais heureuse de développer certaines de vos idées !

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2 comments

Répondre

Merci bcp.
Tres intéressant.
Je suis 100% d’accord avec toi.

Répondre

Merci Julie ! Top si cet article t’a aidé je suis super contente ! On en parle ensemble si t’as des questions ! Tu sais où me trouver 😀

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